La vente en

HALLE À MARÉE

La halle à marée est le lieu de mise en relation des vendeurs (les pêcheurs) et des acheteurs professionnels de produits de la mer agréés (grossistes et détaillants), permettant ainsi la rencontre de l’offre et de la demande. La vente est réalisée en gros et aux enchères publiques, c’est-à-dire qu’elle se fait au plus offrant. Les enchères ont longtemps été portées à la voix, d’où le terme criée utilisé communément pour désigner ces places de vente

« La vente aux enchères reste le mode de vente majoritaire des produits des adhérents de l’OP » 

Les halles à marée ont pour objet de centraliser et de constater les débarquements des produits de la pêche maritime. Elles facilitent, enregistrent et assurent la publicité des transactions, en garantissant leur sincérité, de telle sorte que les intérêts des vendeurs et des acheteurs soient sauvegardés. Elles mettent également en œuvre les conditions qui permettent d’assurer la salubrité, la bonne conservation et la traçabilité des produits qui leur sont confiés.

Aujourd’hui les ventes sont informatisées, ce qui a permis également le développement de la vente à distance : les acheteurs peuvent suivre les enchères en se connectant au logiciel de vente de la criée, sans être nécessairement sur place.

La vente organisée par la criée présente une garantie importante pour le pêcheur : celle d’être payé. En effet, par les cautions qu’elle appelle auprès des acheteurs, la criée garantit le paiement au producteur. Côté acheteurs, ce mode de vente peut présenter également un intérêt : chaque criée peut accorder des délais de paiement fonction de l’importance des achats réalisés.

La criée peut mettre à disposition des usagers du matériel ou des installations pour l’exécution des opérations nécessaires à la première mise en marché des produits ou les exécuter elle-même en totalité ou en partie pour le compte des usagers. 

Les services rendus par la criée sont rémunérés par des taxes d’usage et des redevances d’outillage généralement prélevées sur le montant de la vente.

Si la vente en halle à marée n’est pas obligatoire, certains produits peuvent néanmoins être soumis à une obligation de pesée et d’enregistrement par une criée en vertu de la réglementation des pêches.

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Le producteur peut également vendre sa production en dehors du système des enchères, par l’intermédiaire d’une halle à marée agissant en tant que mandataire, pour le compte du vendeur ou de l’acheteur. Ces ventes font l’objet d’un mandat écrit. On parle de vente de gré à gré, organisée par la halle à marée.

L’OP et la première mise en marché des produits

Une collaboration étroite avec les criées

L’OP et la première mise en marché des produits

Une collaboration étroite avec les criées
La vente de

GRÉ À GRÉ

Quand les produits de la pêche sont vendus par le pêcheur à un premier établissement de destination des produits, en dehors du cadre des enchères organisées par une halle à marée, on parle de vente de gré à gré. Vendeur et acheteur doivent signer un contrat. L’acheteur est responsable de l’établissement et de la transmission électronique de la note de vente.

Au sens de la réglementation, un établissement de destination des produits de la pêche est une entreprise inscrite au registre du commerce et des sociétés ou au répertoire des métiers dans le domaine alimentaire ou dans un secteur lié à la transformation des produits de la pêche maritime (ou dans un registre équivalent à l’étranger).

« Les volumes de produits de la pêche écoulés en ventes de gré à gré (sans l’intermédiaire d’une halle à marée) par les adhérents de l’OP restent modestes et sont majoritairement destinés à des poissonniers et des restaurateurs locaux » 

Les premiers établissements destinataires sont donc : 

    • les établissements de manipulation agréés comme les mareyeurs, transformateurs, cuisines centrales agréées
    • les commerces de détail comme les restaurateurs, poissonniers, rayons poissonnerie des GMS…
    • les collectivités telles qu’une cantine, une école, un hôpital ou un service de restauration qui préparent, dans le cadre d’une activité professionnelle, des denrées alimentaires prêtes à être consommées par le consommateur final
    • les lieux privés agréés de première mise en vente : A l’inverse des halles à marée, les structures privées de première mise en vente n’accueillent que certains producteurs (les membres d’une coopérative par exemple). La vente peut s’y faire aux enchères ou par des contrats écrits de vente de gré à gré. Le producteur vend donc tout ou partie de sa production en négociation avec un acheteur, par l’intermédiaire d’un mandataire agissant pour son compte (comme les écoreurs à Boulogne). Ce type de vente est assimilé à de la vente de gré à gré.

Le contrat de gré à gré

Art.86 de la loi de modernisation n°2010-874, art. D932-19 du Code rural et de la pêche maritime : la réglementation nationale oblige les producteurs et les acheteurs professionnels qui travaillent ensemble de gré à gré, à signer un contrat écrit. C’est un héritage du secteur agricole pour lequel il s’agissait de rééquilibrer le rapport de force entre les agriculteurs et la grande distribution. Un certain nombre de clauses obligatoires doivent figurer dans ce contrat, relatives à la durée du contrat, aux volumes et aux caractéristiques des produits à livrer, aux modalités de collecte ou de livraison des produits, aux critères et modalités de détermination du prix, aux modalités de paiement et aux modalités de révision et de résiliation du contrat ou au préavis de rupture.

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Consultez notre dossier « Contrat de gré à gré » et retrouvez un modèle de contrat

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Les halles à marée peuvent jouer un rôle

Le règlement d’exploitation des halles à marée peut prévoir la mise en place d’un dispositif de vente de gré à gré par l’intermédiaire de la halle à marée. La criée agit alors comme mandataire de vente. Elle fixe les conditions d’enregistrement de l’offre et de la demande ainsi que les modalités d’organisation, de déroulement, de réalisation, de paiement et de déclaration de la vente. Elle définit également les conditions de paiement du service, des taxes, des redevances et des frais divers.
Dans certaines halles à marée, comme celle de St Jean-de-Luz/Ciboure, les volumes de produits écoulés de gré à gré par l’intermédiaire de la criée peuvent être du même ordre de grandeur que ceux écoulés par l’intermédiaire des enchères publiques.

La vente directe

AU CONSOMMATEUR FINAL

A l’échelle locale comme au niveau national, la pêche doit faire face à l’accroissement constant de difficultés conjoncturelles et structurelles qui impactent le secteur et la rentabilité des entreprises individuelles : renforcement des contraintes réglementaires et en particulier limitations des accès à la ressource, contexte concurrentiel fort des produits d’importation et d’aquaculture, hausse des coûts de production et vieillissement des outils…

Autant de raisons qui poussent les entreprises, et particulièrement celles de petites tailles, à intervenir directement dans le mécanisme de formation de Ieurs marges producteur, en n’œuvrant plus exclusivement au stade de la production mais en se réappropriant, au moins en partie, la fonction « commerce » qui se trouve déléguée à d’autres acteurs de la filière dans le système de vente aux enchères.

Ainsi, bien que la vente par le pêcheur lui-même de sa propre production, sans l’intermédiaire d’une halle à marée, ait toujours plus ou moins existé dans la plupart des ports Iocaux, cette pratique est en développement constant depuis plusieurs années sur le territoire ex-aquitain.

Elle se trouve notamment dynamisée par l’engouement croissant des consommateurs pour les circuits courts et a pu jouir d’un contexte politique européen favorable qui a même permis le soutien financier d’initiatives collectives de développement de la vente directe.

« Le pêcheur a la possibilité de vendre tout ou partie de sa pêche directement au consommateur final : on parle de vente directe au détail » 

Les pratiques de vente directes

Les halles à marée peuvent jouer un rôle

Se passer d’une criée n’exonère pas le pêcheur de répondre à l’ensemble des obligations qui le concerne : pesée des produits au débarquement, remplissage de ses déclarations de pêche, paiement des taxes dues, respect des normes sanitaires et de traçabilité… Au contraire, le pêcheur qui opte pour la remise directe au consommateur doit assumer seul la responsabilité de ces démarches, jusqu’alors partagées entre les opérateurs professionnels de la filière.
Face au développement de la vente directe, nombreuses sont les halles à marée qui proposent une offre de services à destination des pêcheurs intéressés. 
C’est le cas par exemple de la criée de Ciboure (64500) qui met à disposition des pêcheurs sur le port un local de vente dédié et normalisé. La criée prend en charge au moment du débarquement les produits destinés à la vente directe et assure les formalités de pesée des produits et d’enregistrement des ventes. La criée a également pu équiper le port de Capbreton (qui ne dispose pas d’une criée) d’une balance connectée qui permet aux pêcheurs d’enregistrer l’intégralité de leur débarquement avant que leurs produits ne rejoignent pour partie leurs étals de vente directe et pour partie le camion de la criée qui rapatrie les produits pour la vente aux enchères sur Ciboure.

L’encadrement de la vente directe

Les pratiques de vente directe sont encadrées par de nombreux textes réglementaires européens complétés par une réglementation nationale, parmi lesquels il n‘est pas toujours aisé pour le pêcheur de naviguer.

« Quelque soit le mode de vente choisi, le pêcheur doit respecter la réglementation liée à son activité de pêche d’une part et liée à la première mise en marché des produits d’autre part » 

Aspects sanitaires, déclaratifs, fiscalité, occupation du domaine public maritime, transport, informations du consommateur final… le sujet de la vente directe est abordé directement ou indirectement, par plusieurs codes : code du commerce, code rural et de la pêche, code de la santé publique, code de la consommation, code des impôts…

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Consultez le guide OP des bonnes pratiques de vente en direct

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Formation sanitaire

Avec l’organisme Mer Conseils, l’OP Pêcheurs d’Aquitaine a créé à destination de ses adhérents, un programme de formation d’une journée aux bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité sanitaire en vente directe.

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