L'OP Pêcheurs d'Aquitaine
En quelques chiffres

L'unité dans la diversité
DE NOMBREUX METIERS PRATIQUÉS
La vie aquatique au sein de la colonne d’eau s’organise en plusieurs strates et les espèces occupent des habitats préférentiels qui se répartissent entre la surface et le fond.
Il existe donc des engins conçus pour travailler sur le fond et capturer des espèces benthiques, conçus pour travailler en pleine eau et capturer des espèces pélagiques…
« L’engin de pêche et la technique de pose associée sont adaptés à l’espèce, ou aux espèces ciblée(s) »
La plupart des techniques de pêche sont représentées au sein de notre Organisation de Producteurs. Ce large éventail de pratiques mène à la production de plus de 150 espèces différentes chaque année.
Le saviez-vous ?
Dans la pêche, on appelle « métier » la combinaison d’un engin de pêche, d’une espèce-cible et d’une zone de pêche. On parle donc par exemple du métier du « filet-trémail à sole dans le golfe de Gascogne ». La « pêcherie » quant à elle est une entité de gestion cohérente géographiquement où opèrent différents métiers. Pour garder notre exemple, la pêcherie de la sole commune du golfe de Gascogne comprend les métiers du filet-trémail et du chalut de fond. La pêcherie est souvent l’unité de gestion pertinente pour la mise en œuvre de la réglementation et de l’encadrement de la capacité de pêche, au travers notamment des différents régimes d’accès à la ressource ou de l’application des mesures techniques . L’approche par pêcherie cherche aussi à prendre en compte les prises accessoires réalisées lors de la capture de l’espèce-cible.
Les fileyeurs à l’OP
Engins passifs, les filets maillants peuvent être constitués d’une ou de plusieurs nappes. Le type de filet utilisé, la taille des mailles, la hauteur de chute, la technique de pose et la position de l’engin dans la colonne d’eau sont déterminés par le pêcheur en fonction de l’espèce ciblée, de la nature des fonds, de la saison.
Le Filet droit constitué d’une seule nappe, est majoritairement calé à proximité du fond pour cibler les espèces démersales. Calé entre deux eaux, il est utilisé pour cibler les espèces comme le bar.
Le poisson se maille généralement au niveau des ouïes.
Les Filets emmêlants sont constitués de plusieurs nappes. Le plus utilisé est le trémail, formé de 3 nappes adjacentes. Les mailles des deux nappes extérieures (les aumées) sont larges. Les mailles de la nappe intérieure (la flue) sont adaptées à l’espèce ciblée. La flue, de dimension supérieure aux aumées, permet la pêche du poisson par emmêlement.
La plupart des adhérents sont spécialisés dans la capture d’une espèce cible, pour laquelle ils présentent une dépendance de chiffre d’affaires importante sur l’année ou sur la saison.
Les fileyeurs hauturiers à merlu
Ciblé au filet droit, le merlu représente plus de 95% des prises des fileyeurs hauturiers adhérents de l’OP.
Leur rayon d’action est grand : ils travaillent à l’ouest de l’Irlande (sous-zone CIEM VII) et dans le Golfe de Gascogne (sous-zone CIEM VIII) voire en Ouest-Ecosse (sous-zone CIEM VI). Quand ils choisissent de débarquer leur production à proximité de leur zone de pêche, ils travaillent généralement depuis une base avancée (Irlande). Le poisson n’est pas commercialisé sur place, il est rapatrié par camion vers un point de vente français ou espagnol.
Les fileyeurs côtiers à merlu
Les fileyeurs côtiers travaillent principalement au filet droit quand ils ciblent le merlu européen. Les adhérents affichent des degrés de dépendance au merlu assez variés puisque l’espèce représente selon les navires entre 20 et 50% des captures de l’année réalisées au filet. Les stratégies individuelles sont diverses en ce qui concerne les captures d’autres espèces, au filet droit, au trémail voire même un complément d’activité à la ligne : pêche de la bonite en saison, du maquereau, du bar, du maigre ou encore des sparidés (dorades, marbrés, sars…).
Les trémailleurs à sole
Une partie des fileyeurs côtiers adhérents de l’OP exploitent principalement la sole commune, dans le golfe de Gascogne, à l’aide de trémails. L’espèce représente entre 20 et 50% des captures réalisées dans l’année (en volume). La sole commune peut représenter jusqu’à 75% du chiffre d’affaires annuel du navire.
Les captures au filet sont complétées par bar commun, seiche, sole-pole, mais aussi merlu et baudroie dans des proportions qui dépendent de la stratégie de diversification adoptée par le navire.
Les fileyeurs côtiers polyvalents
Flottille plus hétérogène en termes d’activité, ils ont en commun d’être des unités de petite taille (de 6 à 12 m), exerçant une activité très côtière. Ils utilisent principalement des filets droits encerclants, dérivants ou calés, pour cibler le bar commun, le bar tacheté, le maigre, la dorade royale, le marbré, le sar, les mulets, les bonites…
Dans cette flottille, on trouve aussi les adhérents qui travaillent à l’intérieur du bassin d’Arcachon et à son ouvert, y compris dans les passes. Quelques unités pêchent aussi en estuaire, en particulier la civelle.
Les chalutiers à l’OP
Les chaluts sont des filets tractés, en forme d’entonnoir. La poche terminale du chalut, dans laquelle est récupérée le poisson pêché, s’appelle le « cul de chalut ».
Son maillage est adapté à l’espèce ciblée, en application de la réglementation.
On distingue :
Le chalut de fond, tracté près du fond et permettant de cibler les espèces benthiques et démersales.
Des flotteurs, fixés sur la corde supérieure à l’avant du chalut permettent l’ouverture verticale.
Le bourrelet, fixé sur la partie inférieure du chalut maintient son contact avec le fond.
Le chalut pélagique, est quant à lui remorqué en pleine eau, sans contact avec le fond. Il permet de cibler des espèces pélagiques.
A l’OP, le chalutage pélagique se pratique en majorité en bœuf, c’est-à-dire que le chalut pélagique est tracté par deux navires travaillant en paire.
Les chalutiers de fond côtiers
Ils pratiquent plusieurs métiers dans l’année et pêchent essentiellement dans le golfe de Gascogne :
- maquereaux, bar, merlan de janvier à mars
- lotte de mars à juin
- seiche, céteau, grande vive, rouget et sole commune de juin à octobre
Toute l’année, les captures sont complétées par des prises accessoires de dorades, mulets, maigre, merlu, tacaud, chinchards, etc.
Ils vendent en criées françaises ou espagnoles.
Les chalutiers de fond hauturiers
Les chalutiers de fond travaillant au large ciblent toute l’année :
- baudroie
- cardine
Leurs captures sont complétées par des prises de raies, plie, églefin, encornet, etc.
Les chalutiers de fond hauturiers travaillent en Mer Celtique et en Ouest Irlande. Ils débarquent en bases avancées en Irlande mais les produits ne sont pas vendus sur place, ils rejoignent les criées françaises ou espagnoles par camion.
Les chalutiers pélagiques hauturiers
Les chalutiers pélagiques à l’OP sont spécialisés dans la pêche en bœuf :
- maquereau au premier trimestre
- thon blanc (germon) et thon rouge de juin à octobre
- anchois au début de l’été
Les chalutiers pélagiques travaillent soit dans le golfe de Gascogne, soit plus nord, en Mer Celtique et sud-Ouest Irlande.
Ils peuvent également pratiquer une pêche saisonnière seul au chalut de fond.
Les métiers de l’hameçon à l’OP
La palangre est constituée d’une ligne-mère sur laquelle sont fixées des lignes plus fines munies chacune d’un hameçon. Chaque hameçon est appâté (appâts naturels). Selon l’espèce recherchée, la palangre est calée à proximité du fond, travaille en pleine eau ou est dérivante en surface. Les principales espèces ciblées sont le merlu, le bar, le maigre, les sparidés (dorades, sars) et les thons.
Les lignes à main (mécanisées ou non) et à la traîne comportent un ou plusieurs hameçons appâtés. Elles sont lestées en fonction des conditions (courant, nature du fond…) et de l’espèce recherchée. la ligne est déployée à partir du bateau immobilisé à l’encre ou au contraire qu’on laisse dériver avec le courant.
La ligne est tenue à la main en attendant une touche. Les lignes peuvent aussi être trainées à l’arrière du bateau à petite vitesse.
La canne à l’appât vivant (le « peita ») permet de pêcher les thonidés, une fois le banc repéré, en jetant les lignes à l’eau pendant que l’équipage disperse en surface des petits poissons pélagiques préalablement pêchés à la bolinche et conservés vivants à bord. Des jets d’eau arrosent la surface de l’eau pour simuler le frétillement de petites proies, brouiller la vue des thons et leur masquer les marins.
Le saviez-vous ?
Pêcheurs d’Aquitaine porte la marque « Merlu de ligne de St Jean-de-Luz », à travers laquelle les adhérents impliqués dans la démarche cherchent à valoriser leurs produits.
Les palangriers à merlu
La flottille des palangriers à l’OP est constituée de navires luziens et capbretonnais inférieurs à 15 m. Ils sortent à la journée et pêchent le merlu sur les pentes de la fosse de Capbreton (Gouf), située au large de la côte basco-landaise. Chaque navire embarque plusieurs palangres, soit quelques milliers d’hameçons appâtés de sardines, pour des prises généralement comprises entre 50 et 200 kg par journée de pêche.
Les ligneurs polyvalents
La pêche à la ligne à main (mécanisée ou non) et à la traîne est l’activité principale de quelques adhérents (en volume) mais vient le plus souvent compléter l’activité de navires pratiquant la palangre ou le filet en engin principal.
Les principales espèces ciblées sont le thon blanc (germon), le maquereau, le bar, les bonites et le thon rouge.
Les canneurs à thons
Les 4 bolincheurs basques exploités à partir des ports d’Hendaye et de Ciboure/Saint Jean-de-Luz, pratiquent en saison la pêche du thon rouge à la canne (juin à septembre) aux appâts vivants. Leur coque est équipée de viviers permettant de conserver plusieurs jours les appâts (chinchards ou anchois selon l’espèce de thon recherchée).
Les thons sont ferrés et remontés à bord un par un.
Ils travaillent dans la partie sud du golfe de Gascogne.
Germon certifié MSC !
Germon certifié MSC !
Les bolincheurs à l’OP
La bolinche est un filet mis à l’eau en tournant autour du banc de poissons, repéré au sonar ou à vue quand le poisson s’étale en surface.
Une coulisse permet de fermer la partie inférieure du filet de manière à former une poche dans laquelle le poisson encerclé se retrouve piégé vivant.
La senne est lentement ramenée contre le bateau, en veillant à ne pas écraser le poisson.
Une immense épuisette, appelée salabarde et manœuvrée le plus souvent à l’aide d’une grue embarquée, permet de remonter le poisson à bord, par petites quantités.
Sur les navires équipés de cuves, le poisson est immédiatement plongé dans un mélange eau de mer/glace : c’est le baillage, qui permet qui permet un refroidissement rapide du poisson.
La bolinche est utilisée pour pêcher des espèces pélagiques.
Elle permet également de pêcher des appâts vivants utilisés pour la pêche des thons à la canne.
On distingue deux métiers au sein de l’OP :
- Les bolincheurs ciblant la sardine et l’anchois et opérant dans le nord du Golfe de Gascogne au départ de ports bretons
- Les bolincheurs ciblant les chinchards, les maquereaux et la sardine, qui travaillent depuis Hendaye ou Saint Jean-de-Luz
Bien d'autres métiers




De nombreux autres métiers sont pratiqués par les adhérents de l’OP, à titre principal ou accessoire : casiers à seiche ou à crustacés, nasse et verveux à anguille, tamis à civelle, pots à poulpes, ramassage des algues…
Il faut souligner la grande polyvalence de certains navires qui mettent en œuvre plusieurs engins différents dans l’année, voir au cours de la même marée. il s’agit en particulier des plus petites unités (moins de 10 mètres) qui misent sur la polyvalence pour compenser leur faible rayon d’action.
A l’échelle de Pêcheurs d’Aquitaine, la diversité des pratiques mène au débarquement de plus de 150 espèces différentes chaque année.







